bismiLlah10
Question :
Que signifie l’innovation et quels sont les principes qui la régissent ? Existe-t-il de bonnes innovations (Bid’a Hassana) ? Quel est le sens de la parole du Prophète, prière et salut d’Allah sur lui : « Quiconque institue dans l’islam une bonne pratique (Sunna Hassana)... »[1] ? Qu’Allah vous récompense.
[1] Rapporté par Muslim, chapitre de la Zakât, n°1017 et chapitre de la science, n°1017.
Réponse :
Du point de vue de la loi divine, l’innovation se caractérise par l’intention d’adorer Allah au travers d’un acte qu’Il n’a pas prescrit. On peut aussi dire que c’est l’adoration d’Allah
, par un moyen non connu du Prophète
ou de ses Califes Bien-Guidés. La première définition est issue de la parole d’Allah
:
« Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? »[1]
La seconde définition est issue de la parole du Prophète
:
« Suivez ma tradition et celle des Califes orthodoxes et bien-guidés après moi, accrochez-vous fermement. Et prenez garde aux choses inventées. »[2]
Ainsi, toute personne qui adore Allah au travers d’une chose qu’Il n’a pas prescrite ou que n’a pas pratiquée le Prophète
et ses Califes bien guidés est un innovateur, que cette adoration concerne les Noms et Attributs d’Allah ou Ses décrets et Ses Lois. Quant aux actes de la vie courante qui relèvent des us et coutumes (‘Urf), ils ne sont pas considérés comme des innovations religieuses, bien qu’elles soient des innovations du point de vue linguistique. En tout cas, ce ne sont pas des innovations religieuses, et ce n’est pas sur cela que le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, nous a mis en garde.
De plus, il n’existe pas de bonne innovation religieuse. La bonne pratique (Sunna Hassana) est celle qui est en accord avec la Sharî’a. Elle englobe le fait de commencer cette pratique, le fait de la faire revivre après qu’elle ait été délaissée, ou le fait d’instituer une chose qui sera un moyen permettant la pratique d’un acte d’adoration. Nous sommes donc en présence de trois choses.
*** Premièrement : désigner comme Sunna le fait de commencer une action. C’est d’ailleurs dans ces circonstances que le hadith a été dit : le Prophète
a incité à verser l’aumône à des personnes venues à lui, et qui étaient dans un état déplorable. Il a donc inciter à dépenser pour eux. C’est alors qu’un homme parmi les Ansâr[3] vint avec une bourse tellement pleine d’argent qu’il avait du mal à la porter. Il posa cette bourse sur les genoux du Prophète
qui dit alors :
« Quiconque institue une bonne pratique (Sunna) récoltera sa récompense et la récompense de ceux qui l’ont pratiquée. »[4]
Cet homme a donc institué une Sunna en commençant une [bonne] action (qui a une base préétablie dans la religion), et non le commencement d’un nouvel acte religieux.
*** Deuxièmement : Une Sunna qui a été délaissée, puis qu’une personne a fait revivre par la pratique. On dira de cette personne qu’elle a pratiqué une Sunna dans le sens qu’elle l’a faite revivre, même si elle ne l’a pas établie d’elle-même.
*** Troisièmement : Faire une chose qui est un moyen permettant la pratique d’un fait qui a sa base dans la religion, comme la construction des écoles et l’édition de livres. Ces choses ne sont pas des actes d’adoration en soi, mais plutôt des moyens qui en permettront d’autres. Tout ceci est donc inclus dans la parole du Prophète
:
« Quiconque institue une bonne Sunna récoltera sa récompense et la récompense de ceux qui l’ont pratiquée. »[5]
Mais nous avons déjà détaillé cela en d’autres occasions.
Cheikh Otheimine
Al-Majmû’ uth-Thamîn, vol. 1, pages 29 et 30.
[1] La Concertation, v. 21.
[2] Rapporté par Abû Dâwûd, chapitre de la Sunna, n°4607 ; At-Tirmidhî, chapitre de la science, n°2678 ; Ibn Mâjah dans son introduction, n°42.
[3] Habitants de Médine qui ont accueillis les musulmans de la Mecque lors de l’Exode (Hijra). [N. du T.]
[4] Rapporté par Muslim, chapitre de la Zakât et, chapitre de la science, n°1017. [5] Rapporté par Muslim, chapitre de la Zakât et, chapitre de la science, n°1017.
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Celui qui ne Combat pour la Cause d'Allah et n'exprime pas non plus son désir de le faire mourra dans dans un état d'ignorance.
Mouslîm
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Shaykh Yūsuf Ibn Sālih Al-‘Uyayrī